Sortie au Camp des Milles

(actualisé le ) par Melissa Legoff

Jeudi 18 mai, les élèves de 3eme ont eu la chance de découvrir un haut lieu de mémoire : le camp des Milles, situé à Aix en Provence. Après une petite pause piano en gare de Lyon et accompagnés de Mme Entressangle, Mme Montbeyre, M. Sibille, M. Kermorvant et Mme Le Goff, ils ont pu découvrir l’histoire de ce lieu.

Le camp ouvre au début de la Seconde Guerre Mondiale, lorsque le gouvernement français prend la décision d’interner les ressortissants du Reich. Ces étrangers victimes de xénophobie sont internés dans la tuilerie des Milles, alors désaffectée. Les internés y vivent dans des conditions très précaires.

En juin 1940 s’ouvre une seconde période avec la défaite française et la signature de l’armistice. Il devient le seul camp de transit en France. Au fil du temps, les conditions d’internement se dégradent : vermines, maladies, promiscuité, nourriture insuffisante... À partir de juillet, sous le régime de Vichy, le camp est rapidement surpeuplé (3 500 internés à la fois en juin 1940).

Une troisième période correspond aux mois d’août et septembre 1942 qui voit la déportation vers Auschwitz de plus de 2 000 Juifs. Le gouvernement de Vichy a accepté de livrer 10 000 Juifs de la zone dite “libre” à l’Allemagne. Au début du mois de juillet 1942, ces déportations concernent aussi les enfants âgés de moins de seize ans. La plus jeune victime de cet antisémitisme avait 1an…

En réaction, des hommes et femmes courageux aident les internés et les déportés. Ces événements surviennent avant même l’occupation allemande de la zone Sud (11 novembre 1942). Au-delà du mois de septembre 1942, le camp, demeurant un centre de transit, vivote : ses derniers occupants, très peu nombreux, quittent ses murs de briques en décembre 1942.

Une des caractéristiques du Camp des Milles réside dans l’ampleur et la diversité de la production artistique réalisée par les internés (Max Ersnt). On a ainsi retrouvé trace de plus de 400 œuvres picturales, musicales, littéraires...C’était une manière pour eux de résister par la création à la persécution et à la déshumanisation.